Le mental a une fonction simple. Il cherche à protéger, à anticiper, à éviter l’erreur. Il s’appuie sur ce qui est connu, sur ce qui a déjà fonctionné, sur ce qui peut être maîtrisé.

Ce fonctionnement a sa place. Il permet d’organiser, de structurer, de décider.

Puis, à un moment, quelque chose se déplace.

Le mental continue.

Une situation demande de l’attention, et déjà les pensées s’enchaînent. Une idée en appelle une autre. Un raisonnement en prolonge un autre. Le fil ne se coupe plus. Le mouvement devient continu.

Dans certains moments, le mental introduit autre chose. Une tâche à venir, un détail, un autre sujet. L’attention quitte ce qui est en cours et se répartit ailleurs. Rien n’est pleinement traité. Le mouvement se disperse.

Dans d’autres moments, le mental reste sur le sujet, mais il en rajoute. Une question supplémentaire. Une vérification. Une analyse de plus. Ce qui était déjà clair devient plus dense, plus lourd.

Une décision est là, mais elle repart dans le circuit.
Une direction est perceptible, mais elle est recouverte.
Un geste pourrait être posé, mais il est différé.

Dans ce mouvement, une perception plus directe est pourtant présente. Une forme de clarté simple, immédiate, sans construction. Elle ne s’impose pas. Elle se présente.

Le mental passe devant.

Il demande encore. Il vérifie encore. Il ajoute encore.

À force, ce fonctionnement devient familier. Il s’installe comme un mode habituel. Jusqu’au moment où une fatigue apparaît.

Une fatigue qui ne vient pas du corps.

Une fatigue liée à la continuité du flux.
À l’enchaînement sans interruption.
À la dispersion de l’attention.

L’énergie se mobilise en permanence, sans stabilisation.

Ce n’est pas l’intensité qui fatigue.
C’est l’absence d’arrêt.

Le mental occupe alors toute la place.

Il n’est plus utilisé pour ce qu’il a à faire.
Il fonctionne en continu, au-delà de ce qui est nécessaire.

Dans cet état, tout demande plus d’effort.
Décider prend plus de temps.
Agir devient plus lourd.
Avancer perd en simplicité.

Le déplacement ne passe pas par une lutte contre le mental.

Il passe par un retour.

Un retour à ce qui est en cours.
À la situation telle qu’elle se présente.
À ce qui est déjà là.

Dans cet espace, une décision peut apparaître sans construction supplémentaire.
Une direction se précise sans ajout.
Un geste se pose.

Le mental peut alors intervenir autrement.

Pour organiser.
Pour structurer.
Pour mettre en œuvre.

Puis il s’arrête.

L’attention se rassemble.
L’énergie se stabilise.
L’action retrouve une forme de simplicité.

Le mental retrouve sa place d’outil.

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